Vinylthèque

Vendre une collection de vinyles héritée

Mis à jour le 25 août 2026

On vous a laissé six cartons de disques. Vous n'y connaissez rien, un acheteur propose de tout reprendre en bloc pour deux cents euros et de vous débarrasser. C'est souvent une très mauvaise affaire — et il y a une manière simple de le savoir avant de dire oui.

Ne vendez pas en bloc avant d'avoir regardé

L'achat au lot est le moyen le plus courant de faire une bonne affaire sur le dos de quelqu'un qui ignore ce qu'il possède. Dans une collection de plusieurs centaines de disques, la valeur est presque toujours concentrée dans quelques dizaines d'entre eux : le reste se vend au poids.

Vous n'avez pas besoin de devenir expert. Vous avez besoin de repérer les vingt ou trente disques qui portent la valeur.

Première passe : trier grossièrement

Mettez de côté ce qui sort de l'ordinaire : les pochettes ouvrantes, les coffrets, les disques avec encarts ou posters, les pressages étrangers, les albums que vous ne connaissez pas du tout — les valeurs se cachent plus souvent dans le jazz, le rock progressif, le funk rare ou les pressages japonais que dans les grands succès de variété que tout le monde possédait.

Écartez sans état d'âme les disques rayés, voilés ou aux pochettes détrempées : leur valeur marchande est proche de zéro quel que soit le titre.

Deuxième passe : documenter

Photographiez le recto et le verso de chaque disque mis de côté, et notez les gravures du sillon de sortie pour les plus prometteurs. C'est ce dossier qui vous permettra de demander plusieurs avis sans transporter les cartons, et de comparer les offres sur la même base.

Un inventaire photographié sert aussi en cas de succession partagée entre héritiers : il évite les discussions sur ce qui était dans les cartons.

Troisième passe : faire estimer, plusieurs fois

Demandez au moins trois avis : un disquaire spécialisé en occasion, une plateforme de vente entre collectionneurs, et si l'ensemble paraît important, un commissaire-priseur. Les écarts entre ces trois canaux sont considérables.

Vendre soi-même rapporte davantage mais demande du temps, un emballage sérieux et la gestion des litiges. Vendre en bloc à un professionnel rapporte moins mais règle tout en une fois. Le bon choix dépend de ce que vous préférez dépenser : du temps ou de l'argent.

Et si vous gardez

Rien ne vous oblige à vendre. Beaucoup de gens découvrent la collection d'un parent, la cataloguent, et finissent par en garder une partie. Dans ce cas, l'inventaire que vous venez de constituer devient votre point de départ — et vous saurez au moins ce que vous avez décidé de garder.